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LA RETENTION DES TALENTS

NewsLetter de la commission RH - N°5

EDITO de la Présidente

Chers Membres, Chers Amis,

C’est la rentrée !! 
Toute la CCIFM espère que chacun a pu profiter de ces derniers jours pour se ressourcer avant d’entamer les derniers mois qui nous séparent de 2027. 

Nous avons malheureusement dû reporter de quelques jours la restitution de l’Observatoire RH de notre Association et je tiens à vous en présenter mes excuses. Vous recevrez très bientôt une invitation pour le 2 octobre prochain !
 
Les prochains mois s’annoncent particulièrement dynamiques pour la CCIFM, avec un programme riche en rencontres, ateliers de travail et sessions Lunch & Learn actuellement en préparation. Nous espérons que ces initiatives répondront à vos attentes et contribueront à nourrir les échanges au sein de notre communauté.

Nous souhaitons également vous remercier pour votre fidélité et votre intérêt grandissant pour cette newsletter, dont le nombre de lecteurs ne cesse d’augmenter.

Bonne lecture !!!
Merci d’être là à nos côtés.

C’est bon d’être membre de la CCIFM

Johanna Murugan

Présidente


QUELQUES CHIFFRES sur les taux d’ouverture de la News RH

Parce que les indicateurs sont toujours intéressants, le taux d’ouverture de la newsletter est passé de 22.19% pour la 1er numéro à 32.98% pour la numéro 4.
Un grand MERCI à tous.
Ces taux d’ouverture démontrent l’intérêt de chacun pour cette riche matière que sont les RH.


LES ACTIONS RH de la CCIFM

Le dernier catch-up an date du 4 Septembre a permis de faire le point sur différents sujets tels que les nouvelles législations en matière de ressources humaines telles que les congés menstruels ou les congés maternité.

Ce moment de rencontre a aussi permis de donner la parole à Farha Jhumka et Alan Cunniah pour évoquer un travail magnifique sur une charte d’utilisation responsable de l’IA. Ce travail donnera lieu à un prochain évènement. Nous espérons vous y retrouver nombreux !


LA RETENTION DES TALENTS

La rétention des talents : un défi croissant à Maurice

La rétention des talents figure aujourd'hui parmi les principaux enjeux RH à Maurice. Selon les dernières études, 76 % des jeunes Mauriciens de 18 à 25 ans ont déjà envisagé une expatriation, tandis que 53 % des adultes déclarent avoir pensé à quitter le pays. Dans le même temps, 44 % des salariés se disent ouverts à un changement d'employeur, illustrant une mobilité accrue du capital humain. Ces tendances renforcent l'importance, pour les entreprises, de proposer des parcours de carrière attractifs, des opportunités de développement, un management de qualité et une expérience collaborateur engageante afin de fidéliser les compétences clés.


 Sources : Afrobarometer 2024-2026 ; Work Pulse 2026.

 Les indicateurs clés de la mobilité des talents à Maurice

🟢 76% des jeunes (18-25 ans) ont déjà envisagé une expatriation

🔵 70% des profils les plus qualifiés ont envisagé de quitter Maurice

🟠 53% des Mauriciens adultes ont déjà pensé à émigrer

🔴 44% des salariés envisagent de changer d'employeur

→ À retenir

Près de 3 jeunes Mauriciens sur 4 envisagent désormais une expérience à l'étranger. Dans ce contexte, la fidélisation des talents ne repose plus uniquement sur la rémunération, mais également sur les perspectives d'évolution, le développement des compétences, la qualité du management et le bien-être au travail.


DOSSIER CENTRAL : 

La rétention des talents : 
le défi silencieux qui redessine le marché du travail mauricien

 

Ce qui se passe dans le monde

La compétition mondiale pour les talents n'a jamais été aussi vive, et son moteur principal n'est ni la crise ni les conflits : il est démographique. Les pays développés vieillissent rapidement, leur taux de fécondité est tombé bien en dessous du seuil de renouvellement des générations, les départs à la retraite se multiplient tandis que les jeunes générations sont moins nombreuses. Dans plusieurs économies avancées, la population active commence même à diminuer en valeur absolue. Résultat : ces pays recrutent au-delà de leurs frontières, et les petites économies insulaires comme la nôtre se retrouvent en première ligne de cette aspiration des compétences.

Le phénomène touche tout le continent : 55 % des 18-35 ans à travers 38 pays africains déclarent avoir pensé à émigrer, et parmi eux, 52 % citent de meilleures opportunités de travail comme raison principale.

Et à Maurice ?

Les chiffres mauriciens sont sans ambiguïté. Selon la dernière enquête Afrobarometer, plus de la moitié des Mauriciens (53 %) déclarent avoir envisagé de quitter le pays. Ce chiffre grimpe à 70 % chez les citoyens les plus diplômés et 71 % chez les jeunes et les destinations privilégiées sont l'Europe (35 %), l'Amérique du Nord (28 %) et l'Australie (25 %). Autrement dit : ce sont précisément les profils que nos entreprises peinent le plus à recruter qui pensent le plus à partir. Et la tendance s'accélère : la part des jeunes ayant envisagé l'émigration « quelque peu » ou « beaucoup » a plus que doublé par rapport aux résultats de l'enquête de 2016. 

Afrobarometer résume la situation d'une formule : Maurice subit un « triple choc » – une fécondité en baisse dans une population vieillissante, un chômage très faible accompagné d'une émigration significative des jeunes, et une progression rapide du niveau d'éducation tertiaire. 

Face à ce vide, l'économie compense par l'importation de main-d'œuvre : au 31 mai 2026, 51 945 expatriés détenaient un permis de travail valide à Maurice, un seuil symbolique — le franchissement des 50 000 travailleurs étrangers avait été anticipé par le ministre dès fin 2025 lors de consultations avec l'OIM. Et le Budget 2026-2027 annonce une politique migratoire visant à attirer des travailleurs étrangers qualifiés, face à une pénurie croissante dans la construction, l'agriculture, l'industrie manufacturière, le tourisme et la santé. Le marché de l'emploi, lui, reste tendu : Statistics Mauritius recense 553 700 personnes en emploi, soit 6 100 emplois supplémentaires en un an — une croissance modeste au regard des besoins exprimés par les entreprises. 

Les autorités ne restent pas inactives sur le front de la jeunesse : le budget 2023 a introduit l'Independence Scheme (une allocation unique de Rs 20 000 à 18 ans), un forfait data mensuel gratuit pour les 18-25 ans a été mis en place, et des mesures ont été prises pour revaloriser les salaires des jeunes diplômés, incluant un salaire de base prescrit pour les détenteurs de diplômes et de licences.

Ce que ces chiffres nous disent vraiment

Il serait tentant de lire ces données comme une fatalité, ou à l'inverse de croire qu'une prime ou un babyfoot suffiront à retenir les talents. Les deux lectures sont trop courtes.

D'abord, envisager de partir n'est pas partir. Derrière les 70 % de diplômés qui y pensent, il y a surtout un signal envoyé aux employeurs : les attentes ont changé, et la comparaison ne se fait plus avec l'entreprise d'à côté, mais avec Toronto, Paris ou Perth. Les raisons invoquées sont avant tout économiques, menées par la recherche d'opportunités de travail — ce qui signifie que les leviers sont en grande partie entre les mains des entreprises : parcours de carrière lisibles, développement des compétences, qualité du management, reconnaissance.

Ensuite, la réponse par la main-d'œuvre étrangère, si elle est indispensable à court terme dans certains secteurs, ne remplace pas une stratégie de fidélisation. Comme le rappellent plusieurs observateurs, la migration ne doit pas remplacer les investissements dans la formation et le développement des compétences des Mauriciens.

Pour les DRH mauriciens, la question n'est donc plus « comment empêcher les départs ? » — elle est « comment devenir une entreprise où l'on choisit de rester ? ». C'est exactement ce que l'Observatoire RH de la CCIFM, fort désormais de deux années de données, permet de mesurer et de piloter.

Sources : Afrobarometer, Ministère du Travail et des Relations industrielles, Statistics Mauritius, Budget 2026-2027, L'Express, Le Défi Media.


QU’EN DISENT LES MEMBRES DE LA CCIFM ?

 

Emilie FRANTZ – Directrice des Ressources Humaines - Blue Connect 

Pour moi, la rétention des talents commence bien avant leur fidélisation. Elle se construit à travers un processus solide de détection des talents, permettant d'identifier les potentiels, les aspirations et les capacités de développement de chacun. Cette approche doit s'accompagner d'une culture d'apprentissage permanent, offrant aux collaborateurs des opportunités continues de grandir, d'évoluer, de renforcer leurs compétences, le tout dans une perspective d’employabilité globale. C'est ainsi que l'on construit un engagement durable et une fidélisation naturelle des talents.

 

Sébastien CLIQUENNOIS – Consultant, auditeur et formateur

 L'employeur, manager doit déjà se mettre dans une posture d'écoute : 
- Mon bureau est ouvert, vous pouvez m'envoyer un petit WhatsApp si vous avez qqch à me remonter je suis là. 
- Organiser des entretiens de feedbacks annuel construit comme un dialogue (le collaborateur doit partager l'avis général, dire comment il se sent)

- Participer à une formation sur la Communication Orale avec clarté et impact, au sein de laquelle le sujet des échanges conflits internes est vraiment abordé

 

Barthélémy AUPEE – Directeur Général – GO UP UP UP

Les candidats me parlent toujours des mêmes sujets en entretien quand ils veulent démissionner. Premièrement ils demandent à ce que la culture de l'entreprise favorise la méritocratie, il faut donc réussir à expliquer comment les promotions et augmentations sont attribuées. Ensuite, l'augmentation du coût de la vie oblige chacun à faire ses calculs tous les ans, non pas à partir des chiffres de l'inflation de Statistics Mauritius, plutôt à partir de la comparaison des prix des différents supermarchés. 


LE SAVIEZ-VOUS

Le miroir historique
Maurice, construite par des vagues d'immigration successives (engagés indiens, travailleurs chinois, colons...), est aujourd'hui à la fois un pays de destination et un pays d'origine des migrations internationales. Au 31 mai 2026, 51 945 expatriés détenaient un permis de travail valide à Maurice, principalement originaires d'Inde (15 840), du Népal (14 821), de Madagascar (9 995) et du Bangladesh (8 975), pendant que nos propres talents regardent vers l'Europe et le Canada. L'histoire s'écrit dans les deux sens.


Source : Afrobarometer & Defimedia


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Nous vous accueillons avec plaisir et sans tarder, prenez contact avec votre Chambre qui vous en indiquera les modalités.

ENTRETIEN AVEC UN ENTREPRENEUR

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