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Retour sur le sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France

Les 11 et 12 mai 2026, Nairobi a été le théâtre d’un événement diplomatique et économique majeur : le sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France. Ce rendez-vous, qui a réuni plus de 7 000 participants — chefs d’État, dirigeants d’entreprises, représentants de la société civile et jeunes innovateurs — marque une étape clé dans la refonte des relations entre la France et l’Afrique. Pour la première fois depuis 1973, un sommet Afrique-France s’est tenu dans un pays anglophone, symbolisant la volonté de Paris de s’ouvrir à de nouveaux partenariats, au-delà de son traditionnel « pré carré » francophone.

Parmi les délégations présentes, celle de l’île Maurice s’est distinguée par la participation d'une délégation d'une soixante d'entreprises dont Mme Johanna MURUGAN - Juridis - Présidente de la CCI France Maurice et de Raphael BAUDREY – ROSEMONT Management- Trésorier de la CCI France Maurice. 

Leur présence illustre l’importance des réseaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française à l’International (125 chambres dans 98 pays), qui offrent à leurs membres un accès privilégié à ce type de forums stratégiques. Ces plateformes permettent aux entreprises mauriciennes, membres de la CCIFM, de tisser des liens directs avec des acteurs africains et français, tout en bénéficiant d’une visibilité accrue dans des événements d’envergure internationale. Dans un contexte où l’Afrique s’affirme comme un pôle de croissance et d’innovation, ce sommet a été l’occasion de concrétiser des partenariats concrets, mais aussi de mesurer les défis d’une coopération toujours scrutée à la loupe des critiques historiques

Un sommet historique pour repenser les relations Afrique-France

Cet événement marque une rupture symbolique avec les éditions précédentes, traditionnellement centrées sur l’espace francophone, et s’inscrit dans la volonté affichée par Emmanuel Macron de refonder les relations franco-africaines sur des bases plus équilibrées. Depuis son discours de Ouagadougou en 2017, la France cherche à tourner la page de la Françafrique, en misant sur des partenariats économiques, technologiques et climatiques avec des pays comme le Kenya, devenu un hub régional en Afrique de l’Est. Le choix de Nairobi, membre de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la zone de libre-échange continentale, reflète cette stratégie d’ouverture vers des économies dynamiques et non francophones, tout en répondant à un contexte géopolitique marqué par le retrait militaire français d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Niger) et la montée des critiques anti-françaises dans le Sahel

Investissements, emplois et réformes structurelles

Le sommet a abouti à des engagements concrets, avec l’annonce de 23 milliards d’euros d’investissements (14 milliards de la France et 9 milliards des pays africains), destinés à financer des projets dans des secteurs clés comme la santé, l’énergie, le numérique, l’agriculture et les infrastructures durables. Ces investissements devraient permettre la création de plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique, selon la Direction générale du Trésor. Parmi les autres avancées, on note un appel à la réforme de l’architecture financière africaine pour faciliter l’accès aux financements privés, ainsi qu’une déclaration commune sur la souveraineté économique et la compétitivité du continent. Le président kényan, William Ruto, a par ailleurs insisté sur la nécessité de mettre fin à l’assistanat et de privilégier les partenariats gagnant-gagnant, tandis que la France a réaffirmé son soutien à la représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU — une revendication portée par plusieurs dirigeants africains lors du sommet

Vers une nouvelle dynamique géoéconomique ?

Le sommet Africa Forward 2026 semble acter un changement de paradigme dans les relations entre la France et l’Afrique, avec une approche plus pragmatique et économique, moins centrée sur l’aide au développement et davantage sur les investissements croisés. La Déclaration de Nairobi, adoptée en clôture, pose les bases d’un partenariat supposé plus équilibré, mais son succès dépendra de sa mise en œuvre concrète — notamment en matière de transparence et de partage des bénéfices. Pour la France, l’enjeu est aussi de consolider sa position face à la concurrence accrue des États-Unis, de la Chine ou de la Turquie en Afrique, tandis que pour les pays africains, il s’agit de transformer ces annonces en leviers de souveraineté économique. Le sommet s’inscrit par ailleurs dans une dynamique plus large, avec des rendez-vous internationaux récents (Sommet sur le climat de Nairobi en 2023, Sommet UA-UE de Luanda en 2025) qui montrent une Afrique de plus en plus assertive sur la scène mondiale

Le sommet Africa Forward 2026 aura donc été bien plus qu’un simple rendez-vous diplomatique : il a acté une volonté commune de repenser les relations Afrique-France sur des bases plus équilibrées, économiques et innovantes. Avec 23 milliards d’euros d’investissements annoncés, des engagements sur la souveraineté alimentaire, énergétique et numérique, et une Déclaration de Nairobi ambitieuse, les promesses sont nombreuses.
 

ENTRETIEN AVEC UN ENTREPRENEUR

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