Interview  •  Portraits

Entretien avec un entrepreneur | À la rencontre de Jacques Rombi

"ENTRETIEN AVEC UN ENTREPRENEUR"

Q1. Quel entrepreneur êtes-vous ? Qu’est-ce qui vous caractérise le plus ?

J’ai commencé ma vie professionnelle dans la presse dès 1989 à La Réunion, le temps d’apprendre le boulot et m’apercevoir que le salariat n’était pas fait pour moi. J’ai alors développé une agence de production prépresse à La Réunion, puis me suis associé à des lancements de magazine avant de m’engager à leurs développements internationaux dans la région de l’Indianocéanie: l’Eco Austral, un mensuel économique régional que j’ai développé à Madagascar puis à Mayotte (en association), puis le Memento, autre titre économique que j’ai développé également en association à Madagascar, Mayotte, les Comores et Maurice. Puis retour à l’Eco Austral pour prendre la direction régionale du magazine à Maurice en 2017.

Enfin j’ai démissionné de l’Eco austral fin 2020 pour lancer mon propre magazine régional: Le Journal des Archipels. Tout cela pour répondre à votre question sur ce qui me caractérise : Polyvalence, abnégation, passion…

 

Q2. Qu’est-ce qui vous a amené à créer ou implanter votre entreprise à l’île Maurice ?

Je fréquente la belle île Maurice depuis des années, bien avant d’avoir eu mon work permit. Depuis La Réunion ou Madagascar où je résidais, j’y venais régulièrement pour des reportages, missions ou encore vacances. J’ai choisi d’y développer mon entreprise, pas seulement pour les facilités administratives et fiscales, mais surtout pour son environnement humain et géographique. J’ai besoin de me sentir bien pour bosser efficacement et j’ai toujours quitté un territoire, parfois pour des aventures risquées, quand je n’y étais plus à l’aise.

Ici, même si ce n’est pas parfait (le pays parfait n’existe pas, j’ai bien cherché !), ici il y a peu de délinquance par rapport aux autres îles voisines, l’océan est très accessible et c’est mon meilleur terrain de jeu (natation, plongée…), le coût de la vie y est nettement inférieur aux îles voisines… En bref, j’ai un environnement favorable qui est source de productivité.

 

Q3. Pouvez-vous nous présenter votre activité professionnelle en quelques mots et ce que vous retirez de cette expérience d’entrepreneur à l’île Maurice ?

L’idée développée avec le Journal des Archipels est d’accompagner la prise de conscience environnementale qui amène à de nouvelles règles et de nouveaux outils comme la production raisonnée, la gestion des déchets, de nouvelles sources d’énergie…
En bref, une nouvelle économie qui pourrait parfaitement se développer dans nos îles qui sont comme de grands laboratoires où tout ou presque reste à faire.

À Maurice, cette prise de conscience existe même si beaucoup reste à faire et je retiens de mon expérience ici que mon projet est très apprécié notamment par de grandes entreprises qui ont bien compris le challenge à relever. Ça fait plaisir de parler le même langage en termes d’économie circulaire. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de reprendre le discours suranné des écologistes intégristes, mais d’inventer de nouveaux modèles où l’entreprise et, disons le mot, le business, doivent être moteurs du bien-être social dans le respect des écosystèmes.

 

Q4. Des conseils d’experts pour démarrer ! Des conseils à partager pour la création/implantation d'entreprise à l’île Maurice ?

Un seul conseil : prendre son temps et s’appuyer sur des partenaires locaux afin de bien comprendre les ressources humaines.

J’en ai fait l’amère expérience en 2017 quand je me suis vraiment implanté ici et me suis heurté à un mur d’incompréhensions et de blocages. Après des années d’expériences dans des pays différents je pensais que mes méthodes pouvaient être copié-collées ici : Faux !

Du coup, j’ai dû tout repenser et je suis même retourné en 2018 sur les bancs de l’excellente université Paris Sorbonne qui nous est proposée ici à Maurice grâce à la représentation de Kantar TNS. J’ai y passé avec succès un module sur l’interculturalité en entreprise (précisément « Changement, culture et organisation » - MBA – IAE Paris Sorbonne). Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de continuer le cycle complet de MBA.

 

Q5. Votre meilleur souvenir d’entrepreneur à l’île Maurice ?

J’en aurai beaucoup à donner, tant chaque semaine me donne des réjouissances. Je citerai quand même comme belle expérience celle qui m’a été offerte par la COI quand j’ai animé un atelier pendant plusieurs semaines sur la protection des océans fin 2019. On a pu développer ensemble le premier Awards de l’entrepreneur de l’économie circulaire avec une quinzaine de jeunes de la région mais aussi des îles AOIDIS*. Des jeunes que j’ai coaché à distance, puis ici pendant une semaine.
Malheureusement, depuis le Covid, nous n’avons pas pu renouveler l’expérience.

*(AIODIS) États insulaires en développement d'Afrique et de l'océan Indien car l’événement était co-financé par la Banque Mondiale

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